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POINT DE VUE

Congo: LE M.C.D.D.I. : HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN


Alwihda Info | Par - 2 Décembre 2012


Durant toute la période du monopartisme incarnée par le MNR, de 1963 à 1968, et par le PCT, de 1969 jusqu’à 1989, aucun autre parti ne pouvait être créé sur le territoire national.





Le MCDDI Devrait Être le Fer de Lance...
Par Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Ancien Rapporteur de la Commission Ad hoc "Assassinats" de la Conférence Nationale Souveraine
Membre du MCDDI
Ancien membre du Comité National
(exclu en 2008 par la Convention de Guy Brice Parfait KOLELAS)
Ancien membre du Bureau Exécutif National (BEN)
(exclu en 2008 par la Convention de Guy Brice Parfait KOLELAS)
Ancien Représentant Permanent de l’Alliance URD-FDU auprès de l’Union Européenne
Ancien Conseiller auprès du Premier ministre, Bernard KOLELAS, chargé de la communication et des relations avec la presse
Ancien Représentant Permanent de l’ERDDUN auprès de l’Union Européenne
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Dans l’histoire des partis politiques créés dans notre pays, avant l’accession du Congo à l’indépendance, les tous premiers sont le Parti Progressiste Congolais (PPC) du président Félix TCHICAYA, le Mouvement Socialiste Africain (MSA) du président Jacques OPANGAULT, l’Union pour la Défense Des Intérêts Africains (UDDIA) du président Fulbert YOULOU, premier président de la République du Congo indépendant.
Le Mouvement National de la Révolution (MNR) et le Parti Congolais du Travail (PCT) sont des partis politiques jeunes créés après l’indépendance et dont on connait les origines et qui, malheureusement, sont caractérisés par la violence qui les habite, notamment et particulièrement le PCT.

Durant toute la période du monopartisme incarnée par le MNR, de 1963 à 1968, et par le PCT, de 1969 jusqu’à 1989, aucun autre parti ne pouvait être créé sur le territoire national. Le monopartisme dictant sa loi et monopolisant la scène politique, sans concession et sans partage.
Il faudra, après bien des péripéties et des vicissitudes parfois douloureuses et macabres, attendre 1989 et le courage d’un homme, Bernard BAKANA-KOLELAS, pour braver le diktat du monopartisme sous la férule du PCT et voir la naissance d’un parti politique libre et indépendant. Ce parti, c’est le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral (MCDDI), créé le 3 août 1989, deux ans avant la tenue, à Brazzaville, de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Autant dire, qu’après l’instauration du système monolithique en 1963, le MCDDI est, de tous les partis politiques agissant au Congo, le premier et le seul parti congolais qui ne doit pas son existence et sa vie à la Conférence nationale souveraine.
Aujourd’hui, après les événements tragiques, dramatiques qui ont endeuillé le pays avec les coups d’Etat et les guerres successives de 1993 à ce jour, le MCDDI est, non seulement orphelin de son président-fondateur, mais voué à une mort certaine si, telle que la situation se présente, ses militants ne se réveillent pas et ne prennent pas en main, le destin et la destinée de leur parti.
Après le décès et les obsèques de son président-fondateur, Bernard BAKANA-KOLELAS, il était convenu que le parti tiendrait son premier Congrès de son histoire après les élections législatives en perspective à l’époque. Depuis, beaucoup d’années se sont écoulées, beaucoup d’élections présidentielles que législatives aussi. Et le MCDDI n’a toujours pas tenu son Congrès.
Il convient, en effet, de rappeler au passage que depuis sa création, les membres de toutes les instances du parti mises en place n’ont jamais été élus par un Congrès statutaire. Ils ont toujours été nommés.
Mais, dans l’intervalle, en lieu et place d’un Congrès, il est intervenu une instance non statutaire, c’est-à-dire non prévue dans les Statuts du MCDDI. Cette instance a pris le nom de CONVENTION au cours de laquelle il a été désigné voire coopté des membres du Comité National et du Bureau Exécutif National (BEN) que je considérerais comme illégaux du fait qu’ils ont été élus par une instance fabriquée de toutes pièces et non statutaire.

J’ai beau parcourir les Statuts du MCDDI, nulle part je ne trouve un quelconque article faisant état ou évoquant la tenue ou l’organisation d’une CONVENTION en lieu et place d’un CONGRES STATUTAIRE. A moins que, depuis cette Convention, les nouveaux dirigeants issus de cette Convention, aient pris la liberté de modifier les Statuts du parti, à l’insu de tous les militants du MCDDI. Il est vrai aussi que nombreux sont les militants qui ont été écœurés, et le sont encore aujourd’hui, par la façon on ne peut plus cavalière avec laquelle le parti est dirigé et avec laquelle certains militants de la première heure ont été éconduits, voire éjectés, préférant les remplacer par des "militants plus dociles".
Dans une de ses nombreuses déclarations, voici ce qu’avait dit le président-fondateur du MCDDI, M. Bernard BAKANA-KOLELAS
"Militants et sympathisants du MCDDI,
Générations congolaises présentes et futures,
Je vous salue et vous adresse ce message :
Patriotes Congolais, voici que souffle l’ère du renouveau démocratique tant attendu, l’ère de la liberté, de la justice, de la fraternité, l’ère des droits de l’homme pour la défense desquels Matsoua André Grenard, Kiélé Tenard, Constant Balou, Abbé Fulbert Youlou et tant d’autres illustres fils de notre beau pays, se sont sacrifiés. Moi, Bernard KOLELAS, j’ai lutté toute ma vie politique pour ces valeurs là, pour ces valeurs qui fondent le respect et la dignité de la personne humaine. C’est pour cela qu’inlassablement j’ai combattu le communisme, jusque dans sa substance dès son installation dans le pays car j’étais convaincu que ce régime déshumanisant conduirait notre société vers un abîme sans fond.
Vingt sept ans de lutte, envoyé en prison neuf fois, deux fois condamné à mort, j’ai connu les traitements les plus inhumains, les plus cruels et les plus dégradants, comme les tortures au courant électrique. Tout cela pour avoir pris le ferme engagement de défendre les hautes valeurs sociales, morales et spirituelles menacées, pour avoir voulu libérer le peuple qui se trouvait dans les fers du monopartisme totalitaire et fasciste, mais aussi pour tous ceux qui ont mené le même combat jusqu’au sacrifice suprême, à tous ces héros inconnus, tous ces martyrs de notre peuple, victimes de la haine, de la barbarie et de l’intolérance.
Peuple souverain, en avant pour une société de paix, d’amour, d’équité et d’entente nationale. En avant car la pendule de l’histoire ne revient jamais en arrière".

Ceci dit, au regard de ce qui précède, je n’ai pas conscience que ce pour quoi s’est battu Bernard KOLELAS, toute sa vie, c’est-à-dire le but et les objectifs, ait été atteint.
Au contraire, la liberté, la justice, la fraternité, les droits de l’homme ont été hypothéqués, dévoyés, voire supprimés. Aujourd’hui, la paix est synonyme d’affrontement et fait même l’objet de chantage, l’amour du prochain a pris la place de la haine, de l’exclusion, l’équité en iniquité, en ségrégation et discrimination ethno-tribales voire clanique, et l’entente nationale en désordre national sous la menace de guerres d’extermination ethnique.

Ce bref constat n’est certainement pas de nature à rassurer le peuple congolais qui n’a pas les mêmes souches claniques que le clan qui gouverne le Congo tout entier.
Le MCDDI est le frère aîné de tous les partis nés ou créés après la Conférence nationale souveraine. Il est et devrait demeurer le fer de lance, la courroie d’entraînement et de transmission de tous les autres, tel que le souhaitait et le voulait son président-fondateur.

Certes, le président KOLELAS n’a pas eu le temps de former ses propres cadres pour son parti. La majorité des cadres qui ont enjolivé le MCDDI sont tous venus du PCT. Ils sont connus. Est-ce pour cette raison que le MCDDI va-t-il à la dérive et est-il en train de se noyer, de sombrer, en dehors d’autres nouveaux paramètres récents à la mode dans le pays ?
Enfin, comme dirait l’autre, pour éviter la débâcle et la déconfiture de notre parti au regard de ce qui se passe depuis la disparition de son Fondateur, le temps est très certainement venu de rassembler tous les militants et sympathisants pour nous tourner vers la convocation d’un Congrès, seule instance statutaire pour adapter le parti à la nouvelle donne, tout en affirmant notre idéologie à partir de laquelle devraient se forger notre vision de la société congolaise et de la gestion tant de notre parti que de la vis nationale.

- Un congrès où il n’y aura aucune guerre de leadership ;
- Un congrès au cours duquel nous devrons faire l’inventaire de ce qui a été fait et qui n’a pas été fait en raison de diverses situations ou contraintes, mais qui nous permettra de réparer les erreurs, de résoudre certains problèmes ;
- Un congrès qui permettra d’élaborer un programme d’action qui fixerait les priorités du parti ;
- Un congrès qui permettrait au MCDDI de rassembler et faire la paix avec tous ses fils et filles, membres nouveaux et anciens du parti, etc.
Certes, le MCDDI est l’un de ces partis que plus d’un voudrait voir mourir et disparaître du paysage congolais, d’autant que son Fondateur a été l’une des chevilles ouvrières qui a été à l’origine de la tenue de la Conférence nationale souveraine et sans qui rien n’aurait été fait. Ce ne sont donc pas, pour ce faire, les tentatives et les acteurs commandités pour cette basse besogne qui font ou feront défaut. C’est donc à tous les militants et sympathisants qu’il revient d’être vigilants à ce sujet pour faire échec à cette manœuvre.
En conclusion et en prévision de certaines manipulations qui ne manqueront certainement pas, au regard du Congrès du MCDDI en perspective demandé et exigé à cor et à cris par l’ensemble de ses militants et sympathisants, j’invite donc tous les militants et sympathisants de notre parti de méditer sur les pensées ci-après pour les aider à mieux réfléchir sur la responsabilité qui nous incombe à tous :

- "Le pouvoir est de commandement et non de jouissance.
- "Plus un ordre viole la nature, l’habitude et la norme, et plus l’usage de la violence lui est indispensable.
- "Si le sang donne droit au pouvoir, celui qui détient le pouvoir n’a pas de pire rival que son plus proche par le sang ; et ce droit de vie et de mort sur tous que les puissants s’arrogent finit par se retourner contre leur propre sang.
- "La tyrannie n’est pas simplement le fait d’un homme qui usurpe (et quand il règne, c’est un fait passé), mais bien l’établissement d’un régime qui par soi-même est usurpation. C’est le remplacement d’un régime de la Loi par un régime de la Force et de la Fortune.
- "L’homme qui tombe au pouvoir du Mage perd la conduite de sa vie parce que la volonté d’un autre s’est projetée au cœur de son être, à la source de sa conscience qu’elle capte, et l’autre joue de lui comme d’un instrument.
- "Changer de régime et améliorer les lois sans changer les hommes et les rendre meilleurs, c’est comme balayer la chambre sans ouvrir la fenêtre : la poussière soulevée (celle du moins qu’on n’aura pas avalée) retombera d’où elle vient.
- "Pour supprimer les abus, il ne suffit pas de supprimer ceux qui abusent. Il faut bien prendre garde à ceux qui les remplaceront et se demander quelle discipline, quelle purification les aura rendus meilleurs, et quelle doctrine, plus sages.
- "Là où les bras d’un seul ne peuvent suffire s’impose l’heureuse et douce nécessité de se grouper et de partager la tâche selon les forces et les talents de chacun et le fruit selon ses besoins".
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